dimanche 18 juin 2017

De Tchernobyl en passant par les Pouilles : l’action du chanvre dans la régénération des sols

Face à certains désastres tels que les fuites nucléaires ou la pollution industrielle, toutes les solutions envisageables sont bonnes à prendre mais lorsqu’il s’agit de régénérer l’environnement elles restent peu nombreuses. Cependant, diverses études et événements ont démontré lors des dernières années que le « cannabis Sativa » renfermait un potentiel presque unique qu’il ne partageait qu’avec un nombre très réduit d’autres espèces comme le maïs ou encore le tournesol : il est capable de nettoyer et de purger les sols, l’eau et l’air de la pollution en décomposant les éléments chimiques pouvant être toxiques pour l’être humain.

Certaines espèces végétales auraient, par cette méthode connue comme la phytoremédiation (mot inventé par le Dr. Ilya Raskin du Centre de Biotechnologie de l’Université de Rutgers, dans le New Jersey), la capacité de nettoyer les sols des métaux lourds, de dépurer les eaux usées et même de restaurer l’équilibre de l’air pollué. D’autres plantes, comme le maïs ou le tournesol sont très efficaces dans ce type de processus. Mais dans cette catégorie, la plante de chanvre est une des plus efficaces, puisqu’en plus, elle peut pousser sur des sols épuisés et sans nutriments.
Son système radiculaire puissant lui permet de fendre les sols les plus compacts, offrant une aération et une porosité, et en stabilisant le terrain avec fermeté, ce qui permettra de contrôler l’érosion. D’une certaine façon, les racines du chanvre stabilisent la zone et agissent comme un filtre en décomposant le matériau contaminant après avoir l’avoir absorbé, transformant les toxines en substances inoffensives. En d’autres mots, il s’agit d’un végétal pouvant aider l’homme à survivre lorsque l’artificiel à remplacer le naturel.

Chanvre ou cannabis ?

Le chanvre et le cannabis se différencient principalement par les taux de concentration de THC et de CBD que renferment les différentes plantes. Alors que le cannabis dispose de taux élevés de THC, la substance qui renferme les effets psychoactifs, le « cannabis Sativa », nom scientifique du chanvre, présentera plutôt des taux élevés de CBD (le composé thérapeutique) et plus faibles en THC.
Le grand débat parmi les cultivateurs réside dans les limites fixées par les pourcentages de THC afin de les cataloguer comme l’un ou l’autre. Pour le moment, la régulation est plutôt confuse, et différentes institutions nationales un peu partout dans le monde ont montré des taux assez différents, ne dépassant que très rarement 3 % de THC.

Certes, il n’est pas recommandé de planter du chanvre dans des espaces contaminés lorsqu’il est destiné à un usage alimentaire, cependant si le but recherché est de nettoyer ces sols vous pourrez en tirer de grands rendements. Les recherches réalisées ont découvert que la plante était capable d’absorber les radiations, les métaux lourds et autres toxines relâchées par l’action de l’homme. Cependant, cela peut aussi être utilisé pour nettoyer tous types de résidus, des métaux aux pesticides, dissolvants, explosifs, pétrole brut, hydrocarbures et autres toxines provenant d’usines et de décharges.
Et c’est exactement ce que démontrent les agriculteurs des champs de Taranto, dans la région italienne des Pouilles, qui ont constaté la façon dont une toxine présente dans leurs pâturages affectait leurs troupeaux ont décidé d’utiliser du chanvre pour rendre aux terrains sur lesquels ils plantaient toute leur richesse.
Cette pollution est due à l’usine d’acier Ilva, une des plus grandes d’Europe. Fondée en 1905, l’usine a depuis provoqué un impact environnemental très important dans la région de Taranto, contaminant au fil du temps les sols par ses rejets. Les agriculteurs ont donc décidé d’utiliser cette méthode de phytoremédiation à base de chanvre pour récupérer leurs terres et ainsi pouvoir revenir paître dans la région. Grâce à cette méthode, plus de 100 agriculteurs et éleveurs qui habitaient dans les alentours de l’usine n’ont pas eu besoin de déménager pour pouvoir continuer leur travail.

Réutilisation de la plante de chanvre

Le chanvre ne nettoie pas uniquement les restes toxiques présents dans les sols. La plante arrivée à maturation peut aussi être réutilisée pour d’autres applications, comme par exemple la fabrication de vêtements, de papier et de matériaux utiles dans la bioconstruction. Il peut même être transformé en éthanol et utilisé a posteriori comme biocombustibles, obtenant ainsi un bénéfice économique important sur la commercialisation des fibres, puisque les produits dérivés sont écologiquement durables et faciles à intégrer sur les marchés existants.

Le chanvre est une des fibres les plus résistantes, durables et douces du monde, et cela fait plusieurs millénaires que les êtres humains ont découvert comment fabriquer du fil, de la corde et du tissu avec elle. Et selon une étude de l’Institut Polonais des Fibres Naturelles, environ 75 % de la plante conserve les mêmes caractéristiques qu’au début du processus, c’est pourquoi elle peut être réutilisée pour d’autres applications. Les chercheurs ont analysé différents types de plantes de cannabis afghans pour savoir les taux de métaux lourds pouvant être supportés. Ils ont affirmé qu’après leur travail, les tiges et les graines peuvent être réutilisées.

Assainissement des restes nucléaires

Les grandes capacités que possède cette plante pour régénérer les sols sont devenues très importantes lors de certaines tragédies nucléaires comme par exemple Tchernobyl et pourraient être profitable, dans d’autres situation similaires, comme ce fut le cas plus récemment à Fukushima. Peu après le désastre de 1986 on a découvert que certains types de végétaux, comme le chanvre, seraient les seuls capables d’apporter ce dont les sols ont besoin lors des processus d’assainissement d’une zone dans laquelle l’homme s’exposerait à de graves dangers.
Peu après, en 1989, le Gouvernement soviétique a pu évaluer la situation de zone de quarantaine de 30 kilomètres qui entoure la centrale affectée dans son ensemble. Ils ont alors pu remarquer la présence dans les sols de taux très élevés de métaux comme l’iode, le césium 137 et le strontium 90, ainsi que du plutonium trouvé non seulement dans les sols et les plantes mais aussi à l’intérieur même des animaux. Les travaux de phytoremédiation à base de maïs avaient pour but d’éliminer aussi les éléments comme le chrome, le plomb, le cuivre et le nickel.
Le maïs fut suivi du tournesol, et en 1996, par le chanvre lui-même. Grâce à la collaboration des producteurs et de l’Institut des Cultures d’Ukraine, les autorités ont finalement encouragé la plantation de chanvre industriel riche en fibre et faible en psychoactivité dans le but exclusif de désintoxiquer la zone au maximum.

Cela fini par devenir un des projets les plus importants du pays. À cette époque, Slavik Dushenkov, scientifique et chercheur chez Phytotech (une organisation responsable de la culture de cette plante), avait affirmé que l’on commençait déjà à remarquer les effets bénéfiques du végétal en question dans la régénérations suite à certains désastres nucléaires. Le plante de chanvre a poussé pendant plus de 10 ans dans les alentours de la centrale nucléaire ukrainienne. Selon certains experts, la réduction de la toxicité du sol est remarquable.

Son importance dans la rotation des cultures

De nombreux agriculteurs cultivent aussi cette plante à titre de rotation des cultures (ou rotation culturale), avec d’autres productions afin d’éloigner les parasites sans avoir à utiliser de pesticides ni de dissolvants artificiels.
De nombreuses cultures industrielles exigent de grandes quantités de nutriments pendant la croissance. Cela réduit après chaque récolte la qualité du terrain cultivé, c’est pourquoi, le produit n’atteindra que très rarement des propriétés optimales. Grâce à son développement rapide et sa produit de biomasse, seulement inférieurs au bambou, le chanvre est compatible avec l’utilisation efficace de la terre dans les cultures de rotation, dans le but de régénérer le sol.
Il existe par exemple de nombreuses espèces végétales agricoles possédant un cycle végétatif de cinq mois : plantation en octobre et récolte en mars. Pour sa part, le chanvre industriel possédant un cycle de six mois sera planté en avril et récolté en septembre ; et s’agissant d’une plante annuelle, elle mourra après chaque cycle, ce qui impliquera inévitablement l’ensemencement de nouvelles graines au printemps suivant. Grâce à cette rotation, vous pourrez obtenir une meilleure fertilité et un apport supérieur en nutriments dans les sols. De plus, elle réduira les chances (ou malchance dans notre cas) de voir les parasites, qui affectent bien les cultures, rester dans les sols, laissant donc le sol dans les meilleures conditions pour un nouvel ensemencement.

Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une nouvelle démonstration visant à prouver les innombrables bienfaits de certaines plantes, comme le chanvre, bien souvent condamnées à l’oubli et interdites dans de nombreux pays. Un végétal aussi naturel que celui-ci, pouvant en plus aider à renouveler l’équilibre de l’écosystème après avoir été soumis à un impact négatif, devrait être surveillé et défendu aux quatre coins de la planète. Celle-ci nous le rendra forcément. L’être humain, qui a tendance à oublier qu’il fait partie de cette même nature, nous en sera d’autant plus redevable.

mardi 6 décembre 2016

Une cérémonie de pardon unit les Vétérans de l'Armée Américaine et les Autochtones de Standing Rock.

Josh Morgan, pour le Huffington Post Wesley Clark Jr. et d'autres vétérans s'agenouillent devant Leonard Crow Dog, lors d'une cérémonie de pardon au Four Prairie Knights Casino & Resort sur la réserve Standing Sioux Rock réservation, lundi dernier.


« Nous sommes venus. Nous nous sommes battus. Nous avons pris votre terre. Nous avons signé des traités que nous avons rompus ».

Lundi, les Amérindiens ont mené une cérémonie de pardon avec des vétérans de l’Armée Américaine, donnant aux anciens combattants l'occasion de se faire pardonner les actions militaires menées contre les autochtones tout au long de l'histoire.

Durant la célébration de la victoire des manifestants, dimanche, lors de l'arrêt de la construction sur le Dakota Access Pipeline, Leonard Crow Dog a formellement pardonné à Wes Clark Jr., le fils du général retraité de l'armée américaine et ancien commandant suprême à l'OTAN, Wesley Clark Sr.

Les excuses publiques de Clark aux Autochtones, se lisent comme suit :

« Beaucoup d'entre nous, moi en particulier, ont œuvré dans des unités qui vous ont blessé au cours de nombreuses années. Nous sommes venus. Nous nous sommes battus. Nous avons pris votre terre. Nous avons signé des traités que nous avons rompus. Nous avons volé des minéraux de vos collines sacrées. Nous avons sculpté les visages de nos présidents sur votre montagne sacrée. Nous avons pris encore plus de terres, puis nous avons pris vos enfants, nous avons essayé de changer votre langue et nous avons tenté d'éliminer ce langage que Dieu vous a donné, que le Créateur vous a donné. Nous ne vous avons pas respecté, nous avons pollué votre terre, nous vous avons blessé de tant de façons, mais nous sommes venus ici aujourd'hui pour vous dire que nous sommes désolés. Nous sommes à votre service et nous demandons votre pardon ».

C'était un geste historiquement symbolique, qui pardonnait des siècles d'oppression contre les Autochtones et qui honorait leur partenariat pour défendre la terre du Dakota Access Pipeline.

Le chef Leonard Crow Dog a offert son pardon et a insisté pour la paix mondiale, en répondant que « nous ne possédons pas la terre, la terre nous possède ».

Les Autochtones Faith Spotted Eagle et Ivan Looking Horse ont également pris la parole lors de la cérémonie.

Le photographe Josh Morgan était sur place et a recueilli la série suivante de photographies :

Maria D. Michael, un aîné Lakota de San Fransisco, embrasse la vétéran Tatiana McLee au cours d'une cérémonie émouvante de pardon.


 
Leonard Crow Dog, un aîné Lakota et un militant très respecté, a laissé sa main sur la tête de Wesley Clark Jr. 
La Vétéran Tatiana McLee essuie les larmes de ses yeux, alors qu’elle filme les aînés Lakota qui parlent durant la cérémonie. 


Plus de 500 personnes participaient à cette cérémonie.


 
Les vétérans reçoivent une bénédiction faite avec de la sauge, lors d'une cérémonie de guérison, organisée par la tribu des Sioux de Standing Rock pendant que les  «protecteurs de l'eau» continuaient de manifester contre les plans qui feraient passer le pipeline Dakota Access, près de la réserve indienne de Standing Rock à Fort Yates, au Dakota du Nord.


 
Wesley Clark Jr. donne l’accolade à un homme participant à cette cérémonie.

Virginia McIntyre, une Vétéran de la Force aérienne des États-Unis de Buffalo, N.Y., essuie les larmes de ses yeux.
Wesley Clark Jr. et d'autres vétérans s'agenouillent devant Leonard Crow Dog.

Le vétéran de la Force aérienne des États-Unis, Virginia McIntyre, à gauche, serre la main du chef Arvol Looking Horse. 

Les vétérans de l'armée américaine Tih Kobolson, à gauche, et Aloysious Bell, utilisent une baguette de cérémonie et des plumes lors de cette cérémonie.


 
Wesley Clark Jr., et autres vétérans s'agenouillent devant Leonard Crow Dog.

Les vétérans de toutes les branches du service militaire participaient à la cérémonie de pardon.



Par Jenna Amatulli, 5 décembre 2016

mardi 29 novembre 2016

Marguerite Yourcenar : « Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties »


« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant. Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.
Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.
On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.
On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.
On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.
En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.
On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.
Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. »
Marguerite Yourcenar

dimanche 27 novembre 2016

De l’ombre à la Lumière

pra-na
Les minéraux, les végétaux, les animaux, les humains, sont sensibles à une forme subtile d’énergie, l’Énergie Mère, elle provient directement de l’absolu; à travers sa descente vers les plans toujours plus dense de l’espace-temps-matière, elle génère toutes les autres formes connues d’énergies.
Plus nous nous accordons à cette résonance subtile et essentielle, plus nous pouvons appliquer la créativité, la beauté, la cohérence et l’harmonie de la Nature comme une force rafraîchissante dans nos vies, notre contact conscient avec elle vivifie notre corps et notre esprit.
univers spirale
L’Énergie subtile, la Source de la vie:
Minéraux-végétaux-animaux-humains.
Un organisme est défini comme vivant à partir du moment où il est capable d‘absorber, de transformer et de conserver les énergies subtiles présentes dans son environnement en force vitale.
Nous absorbons 30% d’énergie vitale par le biais de notre alimentation liquide et solide. L’eau, les minéraux, les végétaux, les animaux que nous absorbons ont préalablement transformés les énergies subtiles en force vitale.
Nous absorbons à 70% les énergies subtiles par le biais de la respiration des poumons et de la peau ainsi que par nos cinq sens. Cette énergie est alors transformée en force vitale ou bioénergie, par les chakras.
Les chakras:
Sont disposés dans le corps d’une façon qui rappelle la structure d’un arbre:
L’arbre de vie.
arbre-de-vie
Le tronc étant le canal principal, il est situé <le long de la colonne vertébrale>, au centre du tronc se trouve le chakra primordial appelé aussi nœud splénique central, c’est le cœur de la structure énergétique.
chakra
Les branches principales sont les 14 chakras primaires, les petites branches sont les chakras secondaires, il existe aussi de petites branches toujours plus petites, jusqu’à arriver aux cellules (qui possèdent aussi leurs chakras,) qui sont les feuilles de l’arbre.
L’énergie mère, l’énergie subtile-vitale, l’énergie primaire ou pra-na, le Ch’i, l’Éther, le champ, sont tous synonymes. Cette énergie se répand dans l’Univers grâce à sa nature rayonnante, c’est pourquoi dans de nombreuses traditions elle est aussi appelée Lumière. Chaque organisme vivant qu’il soit: minéral-végétal-animal-humain, l’absorbe de l’environnement, le transforme en une énergie biologique vitale, le conserve et l’irradie en continu, elle peut donc être irradiée par un objet et absorbée par un autre, émise par une plante, un animal, une personne et absorbée par un autre.
En irradiant d’information les plans toujours plus dense de la matière, cette énergie primaire génère toutes les autres formes connues d’énergies:
biologique ou physique, subtile ou dense, que nous absorbons consciemment ou inconsciemment.
Nous absorbons l’énergie contenue dans les aliments liquides et solides.
Nous absorbons l’énergie de l’activité biologique des plantes, des animaux et des Hommes, ainsi que la friction, le son, la lumière, l’électricité, le magnétisme, les radiations du soleil, des étoiles et des planètes.
Nous absorbons le mouvement, l’agitation: de l’Univers, des galaxies, de notre galaxie, du système solaire, de la lune, de la terre, de l’eau, de l’air, du soleil, de notre environnement au sens large, de notre environnement immédiat.
Nos propres agitations physique et mentale diffusent et infusent des énergies subtiles. Le mouvement, la gestuelle, les pensées, les émotions, les intentions, l’information que nous recevons des autres ou des médias, notre façon de l’interpréter, de la communiquer ou de la refouler. Toute cette agitation physique et mentale intériorisée et extériorisée crée notre état-d’être.
Notre état d’être ou état-émotionnel, notre fréquence vibratoire, notre corps énergétique, corps éthérique, corps bioplasmique, notre bande d’information, sont tous synonymes.
CHAMP éléctromagnétique
Quand deux choses ont la même fréquence, elles résonnent ensemble. Notre état-émotionnel transmet sa propre vibration, il est facile de comprendre alors que les êtres humains peuvent «librement» produire leur propre vibration, et ainsi certaines choses ayant la même vibration peuvent résonner avec eux, et nous pouvons également résonner avec la vibration qui provient d’autres sources. Notre mental et notre corps sont affectés par chaque vibration avec laquelle ils résonnent.
Dans les relations humaines nous disons souvent que nous sommes ou ne sommes pas sur la même longueur d’onde avec quelqu’un.
Ce dont nous avons besoin pour vivre en bonne santé est une information pure, unitaire, cohérente et organisée, la plus originelle pour l’esprit, pure et facilement assimilable par le corps afin qu’il puisse se régénérer. En essence se nourrir consiste à reprendre les atomes, l’information que nous avons perdu. Cette information que nous absorbons qu’elle soit dense ou subtile est importante pour le bon fonctionnement du corps,l’ouverture du mental, la connexion à l’esprit (notre conscience supérieure), cette information peut être claire ou incohérente, positive ou négative, constructrice ou destructrice. Ce que nous absorbons pour être en vie et en bonne santé, ne sont pas que des nutriments physiques et de l’oxygène, mais de l’énergie rendue cohérente, organisée en force vitale. A un niveau subtil de la vie, on ne vit pas de matière, de substances, de molécules, mais d’information contenue dans l’énergie que nous absorbons, de l’information qui peut avoir une structure positive (cohérente) ou négative (incohérente) suivant nos modes de vie, nos états de conscience, et nos modes alimentaires.
La raison pour laquelle les minéraux et les végétaux dans leur expression la plus pure, sont utiles à l’organisme provient de la façon positive et cohérente qu’ils ont de prendre l’énergie du soleil, de la conserver en la rendant encore plus cohérente et organisée.
fruits tore
Notre alimentation moderne est une nourriture qui a subit une multitude de transformation, des modifications génétiques, de la chimie, et de l’intention négative (souffrance) avant d’atterrir dans nos assiettes, au fil des transmutations énergétiques elle perd de sa substance essentielle, de son harmonie et de sa cohérence, l’information originelle qui y était contenue (Lumière) devient de plus en plus déstructurée, incohérente, négative et voilée (obscurcie).
Plus un produit est transformé, plus son apport en énergie vitale diminue.
Plus un aliment est transformé, plus il monopolise d’énergie pour la digestion, la détoxication et élimination des déchets. Ces trois fonctions utilisent énormément d’énergie et ne seront jamais complètes vu le nombre de repas et de grignotages que nous absorbons toute la journée. Les toxines s’accumulent, nous congestionnons physiquement et mentalement, l’information ne circule plus librement, nos cellules deviennent désorganisées et incohérentes…
L’émetteur-récepteur que nous sommes est parasité.
Les différents niveaux alimentaires.
En ordre croissant d’apport en énergie vitale:
Plus un produit est transformé moins il contient d’énergie vitale, c’est pourquoi il faut privilégier les aliments les plus originelles possibles: Fruits, légumes, plantes, graines, cultivés dans le respect de la nature et ayant subi le moins de transformation possible.

1. Omnivore:
Régime alimentaire comportant aussi bien des aliments d’origine animale que végétale, aliments transformés ou non. L’on mange de tout.

2. Fléxitarien:
Régime alimentaire omnivore, qui mange moins de viande que la moyenne.

3. Semi-végétarien:
Régime alimentaire omnivore ne mangeant pas d’animaux, sauf des poissons et fruits de mer.

4. Végétarien:
Régime alimentaire de ceux qui ne mangent pas d’animaux.

5. Végétalien:
Régime alimentaire de ceux qui ne mangent pas d’animaux, ni aucun produit d’origine animale (œufs, lait, miel, gélatine etc..)

6. Crudivore:
Régime alimentaire de ceux qui mange de tout mais cru. On peut être aussi végétarien crudivore, végétaliens crudivore, liquidien crudivore.

7. Frugivore:
Régime alimentaire de ceux qui mangent essentiellement cru des fruit frais, des légumes, des légumineuses, des noix et des graines, et de tous les produits n’ayant subi aucune transformation à l’exception de la germination de la fermentation et de la déshydratation.

8. Liquidien:
Régime alimentaire de ceux qui mangent une nourriture exclusivement constituée de liquides de toutes sortes. Cela va des liquides les plus épais (soupes, compotes, crèmes salées ou sucrées), aux jus ayant des particules alimentaires naturelles en suspensions (comme par exemple les jus de tomates, de carottes, de betteraves, de pèches, de poires, d’oranges, etc…)

9. Inédien:
Régime alimentaire de ceux qui se nourrissent de liquides exempts de matières solides en suspension. Ces mêmes liquides ne contiennent plus aucun sucre ni sel.
Ainsi seule l’eau, les tisanes (non sucrées) peuvent servir de nourriture dans un régime inédien. Le reste de l’énergie est absorbée par la respiration, sans passer par un support solide.

10. Pranique ou réspirien:
Régime alimentaire de ceux qui non plus besoins d’ingérer de la nourriture solide ou liquide pour vivre. L’énergie est absorbée entièrement par la respiration, sans passer par un support liquide ou solide. 
Un autre facteur à prendre en compte et notre évolution technologique qui a considérablement modifié notre environnement électromagnétique. Certains champs électromagnétiques sont générés de façon volontaire, c’est notamment le cas des transmissions radio (Téléphonie mobile, Wi-Fi, Bluetooth, micro-ondes etc…).D’autres, au contraire, sont la conséquence indirecte de certaines activités: le transport d’électricité via les lignes à haute tension, les transports électriques en commun ou encore les utilisations industrielles et domestiques de l’électricité, les centrales et déchets nucléaires. Toutes ces énergies denses en constante augmentation dans notre environnement entraînent une perturbation, un parasitage de l’information contenue dans les énergies subtiles.
En résumé:
Nos modes de vie de plus en plus connecté à la technologie, de moins en moins connecté: à la terre, à l’eau, à la nourriture essence-ciel, au soleil, à la nature et au repos, diminuent considérablement nos apports en énergies vitales, cette diminution à pour conséquence l’abaissement de notre niveau vibratoire, c’est ainsi nous vieillissons vite et souvent mal, cet abaissement vibratoire nous épuise physiquement, mentalement, émotionnellement…nous déconnecte spirituellement…
Plus nous rechercherons l’absorption d’énergies pures et positives dans notre environnement, plus nous augmenterons notre niveau vibratoire, cette élévation vibratoire nous élève en conscience, notre élévation en conscience nous reconnecte à notre conscience supérieure, cette reconnexion diffuse des énergies pures et positives en nous et autour de nous.
Une évolution personnelle qui participe à l’élévation de la Conscience Universelle.
Une philosophie de l’Esprit au Royaume de la Conscience.
dama energias
Je me nourris de végétaux, d’eau vitalisée, de la nature, des odeurs, des sensations, des couleurs; de la douceur de l’air au plus profond de mon être, de la pluie sur ma peau, des levés et couchés de soleil, de ses rayons à travers moi, de la luminosité de lune, de la beauté de la nuit et des mouvements de l’Univers. J’absorbe l’effervescence de la Vie en pleine conscience de l’éternel moment présent.
Je vis en respect et en harmonie avec mon environnement, je me tiens à l’écart des grandes villes, je me lève à l’aurore et me couche quand il fait nuit.
J’évite toutes formes d’informations négatives, les nouvelles du matin ne servent qu’à profaner le levé du soleil.
J’élargis ma conscience dans dans le désir de réaliser mon plein potentiel physique, émotionnel et mental, une recherche de pureté, d’alignement et d’harmonie.
Mon comportement est la Compassion, l’Amour et la Gratitude dans le Respect et la Douceur.
Il est important de vivre chaque moment de notre vie en pleine conscience, les formes pensées d’aujourd’hui modèlent l’inconscient de demain, notre inconscient produit notre destinée.
Mon corps corps est un temple sacré, mes pensées forment le verbe créateur, mon environnement est ma création.

A.Z.x.

Source: https://avefraterigne.wordpress.com/2016/07/07/de-lombre-a-la-lumiere/

vendredi 25 novembre 2016

Le soufisme, une voie musulmane vers l’écologie

L’harmonie avec la nature et le respect du vivant se trouvent au cœur de la pratique de la confrérie soufie naqshbandi, où la chose extérieure recèle toujours un sens intérieur. Reporterre est allé à la rencontre d’Abd El Hafid Benchouk, membre de cette confrérie, dans la petite boutique de sa société, Les Deux Orients, boulevard Ney, à Paris.
Abd El Hafid Benchouk est membre de la confrérie soufie naqshbandi et créateur de la société Chifa — « santé, guérison » en arabe — qui conditionne et vend des produits de santé naturelle. Né en Algérie et arrivé en France à l’âge de 5 ans, son parcours l’a amené à trouver en islam sa voie spirituelle, dans le soufisme.
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Abd El Hafid Benchouk.

Reporterre — Qu’est-ce que le soufisme et la voie naqshbandi ?
Abd El Hafid Benchouk — Chaque voie soufie, dans la religion musulmane, a une lignée, une chaîne initiatique qui remonte de cœur à cœur, d’homme en homme, de maître en maître — on les appelle « cheikh » — jusqu’au prophète Mohammad. Ainsi, l’enseignement spirituel se transmet de façon directe et personnelle aux disciples. La voie naqshbandi prend sa source en Ouzbékistan, à Boukhara, où est enterré le cheikh fondateur, Bahaouddin Naqshbandi. Elle n’était pas connue en Occident jusqu’à cheikh Nazim Al Haqqanî, qui est mort en 2014. C’est en France que je l’ai découverte.

Quelle place la nature tient-elle dans cette voie ?
La particularité de notre maître cheikh Nazim, et de son fils cheikh Mehmet qui a pris sa suite, est qu’ils vivent dans un petit village, Lefke, à Chypre Nord, où se trouve la zaouiya — centre spirituel et social où se réunit la communauté. Là-bas, il y a des jardins, des orangeraies, on se reconnecte immédiatement. Cheikh Nazim a toujours insisté sur le retour à la nature. Il est devenu cheikh dans les années 1970, et dans les années 1980, au moment du « boum » de la modernité, il a commencé à donner la directive de sortir des villes et de s’installer à la campagne. Il a appris à ses disciples l’économie dans le sens vrai du terme, c’est-à-dire de respecter toute chose. Il les réprimandait gentiment s’ils gâchaient la nourriture. Là-bas, tout est naturel. On mange surtout des légumes, et un peu de viande. Il a remis au goût du jour les parfums naturels. Les parfums sont très recherchés par les musulmans parce que le prophète les avait désignés comme l’une des choses les plus aimables de ce monde. Hélas, aujourd’hui beaucoup de musulmans utilisent des espèces de muscs synthétiques, chimiques. Dans la voie, on a redécouvert la rose, le jasmin, l’ambre ; des disciples ont commencé à faire des commerces de ces parfums naturels extraordinaires. C’est un retour aux sources et à l’essence des choses. À la zaouiya de Lefke, on fait le pain sur place, on se chauffe au feu de bois, et surtout : on est bienvenu 365 jours par an, sans condition. Tu viens n’importe quand, musulman, pas musulman, tu dors, tu manges… Une fois, on a rencontré et accueilli un groupe du mouvement rainbow, certains sont venus prier avec nous.

La création de Chifa est-elle liée à votre engagement dans la voie naqshbandi ?
J’ai toujours aimé être à la campagne. Le problème de la ville est que la nature en est absente. Et pour nous croyants, elle est la manifestation directe du Créateur. Il y a un besoin inné, chez l’être humain, de s’y reconnecter. La voie a confirmé ce qu’il y avait au fond de notre être, ensuite on a continué. Chifa est un concours de circonstances. J’étais responsable de la librairie soufie du quartier des libraires, à Paris. J’avais remarqué qu’un produit était très demandé par les musulmans : l’huile de nigelle. La nigelle, cette petite graine noire qu’on trouve sur les pains arabes, a des vertus dont celle de renforcer le système immunitaire. Mais tout le monde en rapportait du bled. On a monté une société qui proposerait des produits à base de nigelle conditionnés en France. Cet engouement vient d’un dire du prophète (un hadith) : « Guérissez-vous par la graine de nigelle. Elle soigne tous les maux sauf la mort. » Des études scientifiques ont établi qu’elle contient un principe actif, la thymoquinone, qui stimule le système immunitaire. Ce n’est pas la nigelle elle-même qui guérit, mais elle aide à la guérison en renforçant le corps… On décline donc la nigelle sous toutes ses formes : huile, capsules, poudre, savon, mélangée avec du miel, ainsi que d’autres produits de santé naturelle : des tisanes, d’autres huiles, etc.
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Du miel de nigelle.

Pourriez-vous dire à quelqu’un qui ne connaît pas l’islam ce qui, dans cette religion, est lié à la nature ?
La première indication la plus claire, la plus directe, c’est le compte des mois, qui est lunaire. Cela nous met en connexion constante avec le cycle lunaire. Il s’agit d’observer la Lune, de savoir dans quel état elle est à chaque instant. L’un des noms du prophète lui-même est « la pleine Lune », qui signifie la réflexion totale du Soleil sur la Lune, le Soleil symbolisant la présence divine, et la Lune l’âme humaine.
Un autre lien plus fort est la prière, qui se fait selon le rythme du Soleil et des saisons. Les horaires de la prière de l’aube et de celle du coucher du Soleil varient énormément au cours de l’année. En hiver, elles se font environ entre 7h30 et 17h, et en été la distance peut aller de 4h à 22h. Le pratiquant va donc au rythme des saisons. Plus les jours s’allongent, plus sa prière change d’amplitude en s’allongeant elle-même. Toutes les années, il respire avec le cosmos, inspire, expire, avec tout son être. On n’est pas dans un temps mécanisé comme aujourd’hui.
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Un derviche tourneur.
Cela va encore plus loin : dans les positions de la prière, l’homme doit réaliser tous les règnes existants. La première est la position axiale, debout. C’est la particularité de l’homme d’être le lien entre ciel et terre. La seconde est l’inclinaison, qui symbolise le règne animal, c’est une glorification à l’immensité, à l’étendue de Dieu. La troisième est la prosternation, qui symbolise le règne minéral. On devient moins que rien, c’est là qu’on est le plus proche de Dieu, quand l’ego disparaît et que peut apparaître le soleil de la présence divine. La quatrième posture est assise. C’est l’état contemplatif, le règne végétal. On a réuni tous les règnes. Si l’on fait ce rite avec conscience, il se passe quelque chose qui est au-delà des mots. D’ailleurs il est improprement appelé « prière ». Il s’agit en arabe du mot « salat », qui signifie « connexion, jonction ». La prière, c’est l’invocation. Dans la salat, on se met en connexion, on disparaît de ce monde, puis on y revient en souhaitant la paix autour de soi. On est en état de pacification totale. Ce qui est à l’intérieur peut alors se manifester à l’extérieur.
On le perd très vite en retournant dans la vie active, c’est pour cela qu’un autre rite précède la salat : les ablutions, liées à l’eau. Il s’agit de se purifier intérieurement et cela se manifeste par une purification extérieure. Tout a toujours un sens extérieur et intérieur. On purifie nos mains — ce que l’on fait —, notre bouche — ce que l’on dit —, notre nez — ce que l’on sent —, notre visage — ce que l’on représente —, nos bras — notre force —, nos pieds — où l’on va. Une fois cette intention faite, tu peux entrer dans la connexion.
Si l’on n’a pas d’eau, on se purifie avec de la terre. Tous les éléments naturels sont symboles de purification. Si l’on n’a pas de terre, on le fait avec une pierre, que l’on peut toujours avoir sur soi, en voyage par exemple. Le minéral est omniprésent dans la vie des croyants.
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À la boutique Les Deux Orients.

Est-il possible de conserver ce lien avec la nature pour ceux qui vivent en ville ?
On se déconnecte si l’on fait les choses mécaniquement. Le problème de l’islam aujourd’hui, qui n’est pas le problème de l’islam mais le problème de notre époque, c’est le manque de spiritualité. Dans l’islam lui-même, si on évacue le côté spirituel, on arrive à quelque chose de quantitatif, mécanique, à faire la prière à une minute près... S’il n’y a pas cette spiritualité que le soufisme apporte, cette profondeur de la vision, alors on va dans le même matérialisme que tout le monde, et on ne va pas faire attention à ce qui nous entoure, à ce que nous mangeons, etc.

Une attention, une vigilance permanentes sont demandées. Cela élargit-il la perception ?
La salat nous coupe du rythme effréné de la vie de tous les jours. On court toujours après le temps, et dans ces moments de méditation, on se reconnecte avec l’éternité, avec l’éternel présent. C’est ce qui se passe pendant le ramadan. C’est extraordinaire parce que toute une communauté s’arrête pour se dire : stop, je suis peut-être autre chose qu’un animal.

Faites-vous un lien entre le manque de spiritualité et la détérioration de la planète ?
Forcément. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », comme a dit Rabelais. Le matérialisme et l’absence du spirituel sont liés, parce qu’il n’y a pas de conscience de l’au-delà, du jugement, plus de sens. Les personnes qui se posent la question de la planète ont le sens spirituel ouvert, la conscience de l’autre, de la responsabilité personnelle.

L’ensemble de la communauté soufie est-elle d’accord là-dessus ?
Oui, sans aucun doute.

Diriez-vous la même chose de l’ensemble de la communauté musulmane non soufie ?
Non, je dirais qu’elle est atteinte des mêmes maux que l’Occident à cause de la frénésie matérialiste, du vouloir consommer à tout prix.

Comment la communauté soufie se positionne-t-elle d’un point de vue politique ?
Certains soufis aujourd’hui se sont ouverts à la réflexion politique. J’ai été invité aux premières Assises musulmanes de l’écologie, en octobre dernier, pour donner une conférence. Mais dans le soufisme, on ne poussera personne à militer dans un sens, c’est une voie qui ouvre la personnalité à sa réalisation particulière, lui apprend à être à l’écoute de ce qui est juste pour elle. Si des gens s’intéressent, on les encourage forcément. C’est pour cela qu’on a mis en place une ferme spirituelle, dans le Perche, sur le modèle de la zaouiya mère à Chypre. Ce qu’on y fait est toujours en lien avec la vie intérieure. Par exemple, on taille les arbres pour tailler les défauts de notre âme, on retourne la terre… terre intérieure pour faire germer, etc.
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Dans la ferme spirituelle de la confrérie dans le Perche.

Que pouvez-vous dire du pèlerinage à la Mecque, n’est-il pas devenu un lieu de business ?
Martin Lings raconte le changement des lieux saints dans un film… Il y est allé en 1948, puis en 1976. En 1948, d’où que tu arrivais, tu voyais tout de suite la Kabba, qui était le bâtiment le plus haut, et aujourd’hui… je ne vous dis pas, c’est catastrophique ! La mentalité wahhabite des Saoudiens, qui tiennent les lieux sacrés, manifeste très bien leur matérialisme. Elle est à l’opposée du soufisme. Le voyage initiatique, avant le monde moderne, était dans le voyage lui-même, qui prenait du temps, et dans les rites. Aujourd’hui, il se fait par la difficulté, parce qu’il y a énormément de monde : comment retrouver sa centralité au milieu de la foule…

Donc si on le fait vraiment avec conscience…
On devient un avec le cosmos !
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Récolte des pommes dans le Perche.

Se fait-on souvent une mauvaise idée de la religion ?
Tout à fait, on ne la voit qu’extérieurement. Je dirais que la religion musulmane est voilée à l’extérieur, comme une femme voilée, et ce n’est qu’en donnant la dot qu’on peut l’épouser. Le soufisme au sein de l’islam est voilé lui aussi, et ce n’est qu’avec la pureté d’intention qu’on peut le voir, et voir les choses telles qu’elles sont réellement, recevoir les autres avec le cœur et pas avec la tête. Le mental est utile mais il n’est pas le principal, il est comme la Lune, il doit refléter le Soleil.
- Propos recueillis par Juliette Kempf
https://reporterre.net/Le-soufisme-une-voie-musulmane-vers-l-ecologie